Tania Chytil « C’est tellement grisant d’apporter de l’aide aux gens»

 « C’est tellement grisant d’apporter de l’aide aux gens» Tania Chytil - ©Jay Louvion/RTS

Pour ces Fêtes, Tania Chytil renoue avec La Chaîne du Bonheur et une nouvelle émission pour la bonne cause : Tout est possible. Elle nous parle avec sincérité de sa famille, de Noël, des années qui passent… Le tout au milieu de ses cochons, en Ardèche ! 

Sur l’écran de notre smartphone, en visioconférence, Tania Chytil affiche le même tempérament qu’à l’antenne, toute gigotante et pleine de feu. On connaît son sens insatiable de curiosité, sa soif de partage et de transmission, pour les avoir vu éclater de « Territoires 21 » à RTS Découverte, la plateforme de vulgarisation scientifique dont elle s’occupe, en passant par « Couleurs locales » ou « Cœur à cœur ». Et on retrouve même son sourire pimpant quand on l’interroge sur ces murs voutés en pierres apparentes que l’on aperçoit derrière elle. « Ah, ça, c’est ma résidence secondaire, ma ferme ardéchoise… » Un mas qu’elle et son mari retapent depuis des années. Ce dernier s’y est d’ailleurs déjà installé avec leur plus jeune fils, 14 ans, et Tania les rejoints « dès que possible ». On apprend ainsi que la Jurassienne est passée experte dans l’art du carrelage et du coulage de béton, et qu’elle s’attaque surtout, maintenant, à l’élevage de cochons. « On les transporte, on les vend sur les marchés… J’ai même appris à faire du boudin, des pâtés et des caillettes, une spécialité locale. En tant que journaliste, j’ai beaucoup traité l’environnement et, à un moment, avec mon mari, on a voulu joindre le geste à la parole : proposer une alimentation saine et équilibrée, avec une agriculture agroécologique.

Alors non, la fringante Madame « Science » de la petite lucarne n’a pas encore viré sa cuti pour devenir paysanne, mais elle avoue trouver en Ardèche un moyen extraordinaire de se ressourcer. « Le matin, avant mon travail de journaliste, je prépare les céréales de mes cochons — une tonne à déplacer avec mes petits bras ! — et les nourris soigneusement. Et vous savez quoi ? Cet aspect très manuel des choses fait un bien fou à la tête ! » 

 

 

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Une semaine solidaire pour les Fêtes

Ça tombe bien, elle va bientôt avoir besoin d’être au meilleur de sa forme pour animer « Tout est possible ! », une grosse opération d’entraide à suivre du 11 au 17 décembre, à la fois sur RTS2 et sur les ondes de La Première. L’émission remplace, cette année, «Cœur à cœur» et Tania Chytil retrouvera d’ailleurs ses petits camarades de l’opération de solidarité : l’animateur et producteur sur Option Musique, Philippe Martin, le journaliste de la RTS Jonas Schneiter ainsi que Jean-Marc Richard, Monsieur humanitaire de la RTS. Leur mission ? Revenir aux origines de La Chaîne du Bonheur, à l’occasion de ses 75 ans, en apportant à des organisations à but non lucratif, qui s’engagent pour de nobles causes, de quoi améliorer leurs services. « Vous montez un spectacle de fin d’année et vous avez besoin de chanteurs ? Vous avez du mal à mettre de l’ordre dans vos comptes et vous rêvez qu’un spécialiste s’en occupe ?... On se charge de vous trouver la personne compétente, claironne l’animatrice. Animer ce genre d’émission, c’est ce que je préfère. C’est tellement grisant d’apporter de l’aide aux gens, de les voir se mobiliser sous nos yeux…

A partir du moment où ils se tiennent la main, ils sont capables d’accomplir des choses extraordinaires. » L’an passé, plus de 2 millions de francs en faveur du droit à l’enfance avaient ainsi été récoltés durant cette période de Noël. Aussitôt l’émission bouclée, elle filera d’ailleurs organiser le sien, de Noël, le traditionnel repas de famille.

En Suisse cette fois, en espérant réunir non seulement ses trois autres enfants — un aîné de 23 ans et deux jumelles de 20 ans —, mais aussi les familles de son frère et de sa sœur. « L’important n’est pas de se voir absolument le 25 décembre, mais qu’on soit tous là. Je me souviens que, lorsqu’on était petit, avec mes frères et sœur, cousins et cousines, on avait droit à un cadeau supplémentaire quand on récitait une poésie ou jouait un morceau au piano. » Sa maman était caricaturiste pour Le Démocrate, l’ancêtre du Quotidien Jurassien, faisait également de la politique et s’adonnait même à la chanson. « Mais c’était avant tout une femme au foyer, souligne sa fille. Sans elle, je n’aurais peut-être pas réalisé qu’on pouvait s’émanciper, tout en s’occupant de sa famille. » Son papa, lui, fuit le communisme de sa Bulgarie natale à 14 ans. Il débarque à l’EPFL, devient ingénieur, finit par y enseigner à son tour… « A la maison, il soignait mes peines de cœur. C’était mon confident et mon ange gardien. Aujourd’hui, c’est plutôt mon mari qui tient ce rôle avec nos enfants… Enfin, ça dépend, se rattrape-t-elle… ils viennent finalement nous voir à tour de rôle pour ces problèmes-là. »

 

Fière de ses rides

Petite, Tania Chytil s’imagine un temps actrice, sur les planches, comme sa maman quand elle faisait — en plus — du théâtre en amateur. Mais la voix de la raison la pousse finalement à s’orienter vers le droit, même si, dans un coin de sa tête, elle se garde la possibilité de revenir à la comédie. « Et puis, j’ai soudain eu l’opportunité d’animer une émission à la RTS… Mais, le théâtre, j’ai fini par en faire : la télé, c’est aussi un peu ça. On joue simplement notre propre rôle et, là aussi, il ne faut pas avoir peur du ridicule. Notamment quand dans « Cœur à cœur », on nous met de la musique en nous encourageant à danser, moi qui suis raide comme un piquet. »

On se risque alors à aborder le cap important qu’elle a désormais passé, celui de la cinquantaine… Mais la journaliste coupe court à nos approches diplomatiques : « Je vais sur mes 52 ans et je le vis super bien ! Pour être franche, ajoute-t-elle avec un sourire, je m’en fous comme l’an 40. On vieillit tous et il vaut mieux l’accepter. » Alors, elle reconnaît commencer à ressentir quelques douleurs ponctuelles aux articulations, mais se livre maintenant à des exercices physiques quotidiens pour prévenir plutôt que guérir. « Quand je serai toute rouillée, avec une canne pour m’aider à marcher, je me dirais peut-être : « Merde, fais ch… d’être vieux ! » Mais, en attendant, ça me va bien. Même les rides, à l’antenne, je trouve que ça donne du caractère. » Sur le ton de la confidence, en venant chuchoter dans le micro, elle nous avoue avoir quand même l’impression de se sentir de plus en plus dépassée, professionnellement parlant, face à l’essor des réseaux sociaux. « Le monde des médias change et d’une manière qui ne me plaît pas. Je sais qu’il faut, aujourd’hui, aller chercher notre public — et notamment les jeunes — sur ces plateformes, mais je ne suis pas assez présente pour être efficace de ce côté-là. » Au pire, il lui restera l’Ardèche et les cochons. Et, dans le cochon, on sait que tout est bon.

 

Christophe Pinol

 

 

 

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