L’amour à l’hôtel

©RTS/Jay Louvion

A cœur joie, la chronique de Martina Chyba.

Je viens de voir une étude sur le fait que l’amour est de meilleure qualité à l’hôtel qu’à la maison. J’adorerais, moi, être payée pour faire des études de ce genre. « Chéri, nous allons faire un test scientifique : ce soir, nous faisons l’amour à la maison et demain à l’hôtel, ensuite on compare, dac ? » Mais y a-t-il vraiment besoin d’une étude ? Evidemment que c’est mieux ! Parce que…

… c’est différent. A l’hôtel, il y a un petit frisson d’inconnu. Même si ce n’est pas un inconnu que vous avez dans le lit kingsize, mais votre cher et tendre dont vous connaissez tous les recoins par cœur, il n’aura pas ses repères, ni ses pantoufles, vous le redécouvrirez.

… c’est propre. Il n’y a, en principe, pas de poils de chat sur les draps, ni des poils d’autre chose, une odeur de verveine et pas de la fondue de la veille, et une literie bien repassée. Et, à la fin, pas besoin de ranger, hé hé. 

… c’est neutre. Le territoire est vierge, si l’on ose dire. Ce n’est pas un lit dans lequel vous vous êtes disputés, dans lequel vous avez épongé le Covid, où vous avez dormi avec les enfants qui avaient la gastro, à côté duquel il y a tous les tue-l’amour possibles : photos de mariage ou pire de vos parents, dessins d’enfants, boules Quies et médicaments (j’évite l’image du dentier volontairement). 

… c’est tranquille. Vous ne risquez pas d’intrusion d’enfant genre : « Maman, j’ai peur » ou, plus en rapport avec notre âge : « Maman, je peux prendre la bagnole pour sortir ? » Vous pouvez faire du bruit, vous pouvez mettre cette tenue vinyle que vous n’osez pas mettre chez vous. Essayez de ne pas l’oublier sous le lit en partant (cela m’est arrivé et j’ai eu une pensée pour la femme de chambre).

… c’est excitant. Ça fait couple infidèle en 5 à 7. J’aime les interrogations dans les yeux de la personne à l’accueil, qui se demande si vous êtes un couple adultérin ou pas. Ça fait aussi lune de miel : «Tu te souviens quand on était jeunes?». Réponse obligatoire : « Mais tu es toujours jeune mon ange » et hop ! c’est parti mon kiki, même s’il faut ajouter un peu de Viagra aux cacahuètes du minibar.

Vous avez compris, les week-ends crapuleux à l’hôtel, je suis pour. Bon, ce n’est pas gratuit. Mais, tout compte fait (et les bons comptes font les bons amants), on économisera sur autre chose, car une vie amoureuse épanouie, ça n’a pas de prix.

 

Martina Chyba

 

 

 

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