Voyager en Suisse: un été sur les rails avec Bernard Pichon 

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Plutôt familier des voyages au long cours, le fameux globe-trotter nous livre, ici, un carnet de route 100 % helvétique : ses meilleures escapades outre-Sarine, réalisées en tirant profit de la carte journalière CFF.

S'il est un homme qui aime voyager, c'est bien lui! Bernard Pichon, en exclusivité pour générations, nous entraîne en Suisse à la découverte de quelques perles de notre bon pays hélvétique. Mot d'ordre: un journée en Suisse avec la carte journalière demi-prix des CFF. L'astuce? Avec l’offre dégriffée, on peut voyager dès 29 francs pour la journée complète. De nombreuses communes proposent aussi à leurs habitants des abonnements généraux de deuxième classe au porteur (carte journalière « Commune », appelée autrefois «Flexicard», à un tarif variant entre 35 et 45 francs environ). 

La carte donne aussi droit à des réductions sur certaines lignes privées desservies par des bus ou des installations à câbles. Suivant les communes, elle peut être réservée au guichet, par téléphone ou par Internet. Bernard Pichon en a donc tenu compte et nous invite à le suivre en parcourant montagnes, villes et ruisseaux au travers de notre pays, à chaque fois avec un itinéraire et des découvertes d'une journée!

 

Top 12 des destinations suisses à faire en train, avec la carte journalière des CFF 

 

1.Surprises argoviennes

De rivières en prairies, de châteaux en musées, l’Argovie en jette.

L’Argovie, c’est d’abord une histoire d’eau. Avec ses 3000 kilomètres de voies navigables, ce canton a de quoi enchanter les amateurs de sports aquatiques. En naviguant sur l’Aar, je m’immerge dans un environnement idyllique auquel la végétation des marais, des roselières et des forêts confère un caractère exotique. 
Le lac de Hallwil doit sa notoriété à ses rives majoritairement protégées et à ses poissons blancs appréciés des gastronomes. Je croise des ornithologues intrigués par des dizaines d’espèces de nicheurs et de migrateurs. 

Dans cette partie de la Suisse, plus de 80 musées sont dédiés à l’histoire et à la culture ! Aarau, Lenzbourg et Baden témoignent d’un riche passé dont les constructions ramènent aux Romains (thermes), aux bâtisseurs du Moyen Age et aux Habsbourg (châteaux). A mes yeux, Aarau — en particulier — mérite bien mieux qu’un simple transit ferroviaire entre la Romandie et Zurich. Je photographie tout un chapelet de demeures médiévales aux pignons finement enluminés. Dans cette cité à taille humaine, tout se découvre à pied. Un petit tour à l’incontournable Musée d’art (très belle collection d’artistes suisses), et hop, me voilà de retour dans la vieille ville pour boire un café au Schwanbar, construit à partir des conteneurs désaffectés de l’Expo 02 à Neuchâtel

Comment s'y rendre: 

Un itinéraire sympa permet une boucle Aarau-Lenzbourg-Baden.
Aarau-Lenzbourg : environ 40 minutes. 
Lenzbourg-Baden : 60 minutes.
Musée d’Art d’Aarau : entrée 17 francs.

 

2. L’été sied à Interlaken 

La station bernoise a plus d’un tour dans son sac à dos. 

Dès le début du XIXe siècle, Interlaken était connue comme un centre de villégiature pour visiteurs plutôt fortunés. Son succès touristique a commencé avec la construction des chemins de fer Jungfrau et Oberberg. 

Avant de me promener, la seule mention du lieu faisait naître en moi tout un cortège de préjugés : la ville aux palaces désuets, aux boutiques pour Asiatiques… une réputation qui n’est pas totalement imméritée. Elle est cependant réductrice pour qualifier cette bourgade providentiellement lovée entre deux lacs (Thoune et Brienz). Une simple balade nez en l’air à travers ses ruelles et ses jardins fleuris révèle ici un chalet de carte postale; là, un parc ou un parterre que l’été illumine.  

Pour moi, Interlaken constitue surtout un point de départ idéal vers de multiples randonnées. Goethe lui-même y voyait le meilleur moyen de savourer les environs : «Ce n’est que là où vous avez été à pied que vous avez vraiment été.» 

Flânerie facile le long des sentiers au bord du lac, sortie spectaculaire sur les crêtes ou vadrouille escarpée en altitude, il y en a pour tous les niveaux. Les plus aventureux gravissent l’Augstmatthorn qui promet une vue fantastique sur le lac de Brienz. Et pourquoi pas une excursion guidée au glacier d’Aletsch, site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco ?

Comment s'y rendre: 

Une bonne idée : partir d’Interlaken Ost et gagner Brienz en bateau (environ 90 minutes) sur le lac des Quatre-Cantons. 

Arrêt possible à Giessbach (pour l’hôtel de charme sauvé par la Fondation Weber).

A Brienz, bus jusqu’au voisin Musée suisse en plein air de Ballenberg : entrée 28 francs.

 

3. Lauterbrunnen : de cascades en marmites

Rafraîchissante vallée aux 72 chutes d’eau.

Certains décors helvétiques ont acquis une belle notoriété sur les réseaux sociaux. C’est le cas de Lauterbrunnen, dont Instagram a révélé le cadre idyllique sous la cascade de Staubbach, une des plus hautes de Suisse (297 mètres).  La région n’a toutefois pas attendu l’avènement du web pour frapper les esprits. En 1911, JRR Tolkien — âgé de 19 ans — parcourt les Alpes et tombe en pamoison face aux parois rocheuses escarpées de la région. Elles lui auraient inspiré une description dans son œuvre maîtresse, Le seigneur des anneaux.

A première vue, la bourgade me semble aligner sans surprise station-service, boutiques à souvenirs et commerces de sport. En m’écartant un peu du centre, je déniche toutefois un chalet ou un jardin plus coquet. Mais une attraction vraiment spectaculaire va récompenser mes 40 minutes de marche sur un sentier bucolique: les gorges du Trümmelbach. Imaginez une dizaine de plateformes d’où j’observe chaque seconde le déferlement de 20 000 litres d’eau venue des glaciers (Eiger, Mönch et Jungfrau) ! J’effectue l’ascension à pied, mais j’aurais pu emprunter l’ascenseur. Avec ses superbes marmites géantes taillées dans le roc, ses crevasses profondes et ses zones plus tranquilles, le spectacle impressionne, tant acoustiquement que visuellement. 

Comment s'y rendre: 

La liaison ferroviaire la plus directe au départ de la Romandie se fait via Interlaken. A Lauterbrunnen, le train de montagne BLM permet de poursuivre vers Mürren, haut-lieu de l’histoire du tourisme hivernal helvétique. On peut aussi gagner ce village à pied (environ 45 minutes) sur un chemin facile, accessible par le téléphérique assurant la liaison entre la gare de Lauterbrunnen et Grütschalp, d’où commence la randonnée, idyllique. 

 

4. Weggis, la plage à scandale

A courte distance de Lucerne, une escale sulfureuse vers le Rigi.

Plein soleil sur le lac des Quatre-Cantons. En visant une randonnée classique au Rigi — dans la foulée de Mark Twain, l’un de ses plus fidèles admirateurs — je descends du bateau à Weggis. Avant la construction des remontées mécaniques cette bourgade était déjà le point de départ des chaises à porteurs qui hissaient les hôtes fortunés jusqu’au sommet. Un téléphérique a pris de relais. Il s’agit de la liaison la plus rapide pour rejoindre la « Reine des montagnes » à partir de Lucerne. 

Mais il serait dommage de passer par Weggis sans rencontrer Hainz Horut, historien très au fait des archives locales. Ces dernières ramènent aux Années Folles : « Cette plage était la première du pays à mélanger baigneuses et baigneurs. Cette mixité a soulevé l’émoi loin à la ronde. Les curés en faisaient le thème de leurs sermons enflammés, sans se douter qu’ils attisaient sans doute l’intérêt pour ce qui semblait alors très érotique. Comme le révèlent les photos archivées, il y avait au moins autant de voyeurs sur terre ferme que de corps portant maillots — moulants et sexy — sur le sable ou dans l’eau. Un agent lucernois délégué sur place a finalement décrété qu’il ne voyait rien à redire à ce spectacle. » 

Comment s'y rendre: 

A Lucerne (débarcadère en face de la gare), emprunter le bateau direction de Weggis. Pour poursuivre jusqu’au Rigi, prendre le téléphérique à 10 minutes du quai. Il mène au train à crémaillère qui, à Kaltbad, rallie le sommet de la montagne. 

 

5. Croquer la pomme en Thurgovie

Le long du lac de Constance, éden des cyclistes et randonneurs. 

Aura-t-il fallu les contraintes du Covid-19 pour que les Helvètes se mettent enfin à explorer nos cantons périphériques ? Toujours est-il que, ce printemps, je n’ai jamais vu autant de Romands s’ébrouer sur les collines de la Suisse orientale. 

A visiter : des sites lacustres préhistoriques, des forts romains, des cloîtres médiévaux, des jardins et des parcs impériaux (souvenirs de Napoléon III). Mais c’est d’abord la nature qui séduit, cyclistes en tête. On dirait que le paysage a été modelé pour eux. Le sentier des pommes — à parcourir à pied ou à vélo — se décline en différents itinéraires ponctués de postes qui évoquent le travail des arboriculteurs. 

J'apprends qu'au Moyen Age, presque chaque village entretenait des vignes. Le raisin fut peu à peu délaissé au XVIIIe siècle au profit du cidre. Les arbres fruitiers étaient déjà abondants, surtout dans la partie supérieure du canton où, dès la seconde moitié du XVIIe siècle, noyers et poiriers avaient la part belle, jusqu’à ce que la pomme prenne la relève. On en tire, aujourd’hui, de nombreuses spécialités locales : gelée, vinaigre balsamique et Opfelringli (tranches de pomme séchée). Le canton compterait actuellement près de 210 000 pommiers. 

Comment s'y rendre: 

Le point de départ du sentier des pommes se trouve à Altnau, à 500 mètres de la gare. Au départ de la Romandie, on vise l’extrémité est du pays : Romanshorn, où l’on change de train pour Altnau (10 minutes).

 

6. Zurich : un tramway nommé plaisir

Le fil d’Ariane qui conduit à la métamorphose de la ville.

L’organisme zurichois n’est pas que financier; il est aussi artistique et convivial.Il s’articule autour d’une colonne vertébrale dynamique : le tram No 4. Emprunter cette ligne, c’est aller des rives du lac à Züri-West (Altstetten), soit du plus bucolique au plus contemporain. A mon point de départ — le parc Bellevue — un grand jardin chinois nargue le Pavillon Le Corbusier. Je marque une pause à la station Opéra, le temps d’admirer la façade de l’ancien Stadttheater inauguré en 1891. Je m’attable au voisin bar Odéon, mythique depuis que Stefan Zweig, James Joyce et autre Einstein ou Lénine en ont fait leur stamm.

Le tram poursuit son chemin jusqu’à la zone industrielle de l’ouest, jadis réputée insalubre. Industrielle, elle l’est toujours, mais s’est spectaculairement métamorphosée en quartier tendance. 

Comment s'y rendre: 

A Zurich Bahnhof, on peut emprunter le tram 4 dans une direction ou dans l’autre, selon que l’on souhaite visiter d’abord l’est ou l’ouest de la ville.
Avant de se décider, pourquoi ne pas découvrir le Musée national suisse qui abrite la plus grande collection historico-culturelle du pays, juste en face de la gare centrale ? Entrée: 10 francs.

 

 

7. Saint-Gall fait dans la dentelle 

Suivre le filon du beau et du bon dans la 7e ville de Suisse.

Comme chaque année, le 16 octobre prochain, les Saint-Gallois fêteront leur saint patron. Ils lui doivent l’existence même de leur cité ou, en tout cas, son prestige culturel et scientifique, depuis le Moyen Age. La communauté s’est en effet développée autour du monastère bénédictin, lequel domine, aujourd’hui encore, le centre historique. Son architecture a profondément marqué son temps. Le plan conçu au Moyen Age pour son agrandissement a servi de modèle sur tout le continent. Le complexe religieux aurait même inspiré Umberto Eco pour son roman Le nom de la rose. Impossible de faire l’impasse sur la Bibliothèque du couvent, vieille de plus de 1200 ans. Sa salle baroque est inscrite au Patrimoine de l’Unesco. Pour l’arpenter, je n’échappe pas aux chaussons, obligatoires pour épargner son précieux plancher. J’admire colonnes, niches, reliefs et autres peintures, mais pour moi, Saint-Gall est aussi synonyme de dentelles. 

Même si Dior a fait beaucoup pour réhabiliter cette spécialité en perte de vitesse, il faut sortir du centre-ville pour trouver encore des fournisseurs de ces fins tissus à jour. Jakob Schlaepfer est l’une des adresses les plus courues. Pas étonnant : en plus des étoffes à vous damner un styliste, ce grossiste expose des parures assorties. On peut compléter cette visite au Musée du textile.

Comment s'y rendre: 

Compter environ 3h30 de la Romandie à Saint-Gall. Pour visiter l’abbatiale et sa bibliothèque (entrée : 18 francs). Pour le Musée du textile (entrée : 12 francs ) Pour Jakob Schlaepfer (entrée gratuite).

 

8.Thoune  express

Fief militaire, la ville de l’arsenal est bien armée pour le tourisme.

Pour moi, Thoune n’était jusque-là qu’une gare sur le tracé ferroviaire menant à Interlaken et au-delà ! En me décidant à sauter du train pour une visite rapide, je ne m’attendais pas à une aussi jolie surprise. Je repère la silhouette d’une citadelle dominant la ville. Pour la voir de plus près, il me faut affronter des escaliers raides et nombreux jusqu’à Holi Maz, le petit chemin dominé par le château. 

Me voici à l’intérieur des murailles, dans la verdure et le calme. Ma récompense : la vue panoramique à 360 degrés, offerte par le chemin de ronde, une bonne façon de prendre mes repères avant de redescendre vers la place de l’Hôtel de Ville pour immortaliser ses enseignes et son architecture datée du XVe au XVIIIe siècle. Je débouche sur l’Obere Hauptgasse, pittoresque artère commerçante aux origines plus anciennes encore, marquée du blason de Berchtold V de Zähringen, figure historique de la région. C’est une rue sur deux niveaux, dont la partie centrale est pavée et où les trottoirs sont surélevés, comme des terrasses. Je fais chauffer ma carte de crédit dans quelques boutiques avant de poursuivre vers l’Aar, où deux ponts de bois piétonniers semblent narguer celui de Lucerne. En contrebas, des surfeurs profitent des vagues…

Comment s'y rendre: 

On gagne Thoune en environ 1 heure 40 (via Berne). Pour un thé ou une collation dans un cadre de rêve (quasiment les pieds dans l’eau), on peut viser le Schloss Schadau, au bord du lac.

 

9. Meiringen : « Alimentaire, Mon Cher Watson ! »

Sur les traces de Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes est ici omniprésent. L’environnement sauvage de cette région a été popularisé par les premiers touristes britanniques, dont son créateur. Je photographie sa statue devant le musée qui lui est dédié, avant d’aller me désaltérer au pub qui porte son nom. A moi, maintenant, de me transformer en fin limier ! Ma mission : dénicher ce qui  distingue Meiringen de beaucoup d’autres stations de villégiature. 

D’abord, la belle église Saint-Michel. Ces orgues me séduisent, comme son architecture qui fait la part belle au bois. Mais c’est au sous-sol que l’étonnement culmine, là où de récentes fouilles ont révélé l’existence de sanctuaires primitifs. Si la région met bien en valeur les produits de son terroir (fromages, salaisons), c’est au bec à sucre qu’elle propose de mener l’enquête la plus gourmande. Selon certaines sources, la meringue aurait été « inventée » à Meiringen par un certain Gasparini, au XVIIe siècle. Une tradition locale attribue le nom de cette gâterie à une déformation du nom historique de Meiringen (Magiringin). 

Comment s'y rendre: 

Compter environ 3 h 30 pour gagner Meiringen si l’on passe par Lucerne. D’autres trajets sont plus courts, mais ils impliquent plusieurs correspondances.

 

10.Stein am Rhein : conte de fées

Stein am Rhein, primée pour la richesse de son patrimoine.

Avez-vous déjà entendu parler du Prix Wakker ? Son attribution à la Commune de Meyrin pour cette année 2022 m’amène à m’intéresser à la Fondation qui, par ce biais, met en valeur le patrimoine helvétique. Je découvre alors que la première lauréate de cette distinction — il y a tout juste 50 ans — avait été Stein am Rhein… une distinction qui justifie à mes yeux une reconnaissance in situ. Je ne suis pas déçu. Pour une vue d’ensemble, je vise d’emblée le château de Hohenklingen. Depuis l’an 1200, la forteresse surplombe la bourgade et ses maisons à colombages, lacis de ruelles, façades aux précieuses peintures et fontaines photogéniques; une illustration de conte de fées. 

La rue principale ne fait que 350 mètres, mais elle offre tant à voir que j’y passe une bonne heure, le nez en l’air pour ne rien perdre des enseignes ciselées et des oriels qui sont, ici, ce que les moucharabiehs sont aux cités du Maghreb; voir sans être vu, telle était leur fonction. Une soudaine averse impose un plan B. Comme il est encore trop tôt pour goûter à la gastronomie locale — par ailleurs reconnue loin à la ronde — je repère l’ancien couvent bénédictin de Saint-Georges, devenu l’un des musées suisses les plus importants du haut Moyen Age aux débuts de la Renaissance. Un lieu idéal pour marquer une pause en bordure du Rhin.

Comment s'y rendre: 

On gagne Stein am Rhein en environ 3 h 30 au départ de la région lémanique, via Winterthour. Entrée au Musée du Couvent saint-Georges : 5 francs.

 

 

11. Soleure chez les ambassadeurs

Soleure la baroque se la joue star.

Cette agglomération de près de 17 000 âmes intra muros est sans doute la plus « française » des villes alémaniques. Non pas en raison de ses 500 francophones, mais pour les traces laissées entre 1539 et 1789 par l’ambassade de France, qui y recrutait nombre de mercenaires. Pour investir la cité du Festival cinématographique, on a le choix le choix entre l’une des portes de la ville ou l’un de ses ponts sur l’Aar. 

Direction : la place de la Couronne, si élégamment dessinée qu’on la dirait romaine, avec ses fontaines et son escalier monumental. A son image, l’Hôtel Krone, qu’elle domine. Casanova y occupa la chambre 222, donnant sur ce décor digne de Cinecittà et qui plut à Sophia Loren; bien avant elle, à Napoléon Bonaparte lui-même.

L’offre culturelle de Soleure est d’une rare richesse pour une communauté de cette taille : si les amateurs d’art se pressent au Kunstmuseum (Werkhofstrasse 30) pour y admirer des œuvres de Hodler, Klimt ou Tinguely, les enfants s’amusent au Musée des poupées et des jouets, dont la collection rassemble jouets et poupées d’autrefois. Frissons garantis au secteur jurassique de la maison voisine, le Naturmuseum, qui expose d’étonnantes reliques de sauriens.

Comment s'y rendre: Au départ de Lausanne, on gagne Soleure en environ 80 minutes de train. Bon à savoir : l’entrée aux Musées des Beaux-Arts et à celui d’Histoire Naturelle est gratuite.

 

12. Oberland bernois : quand le train devient la destination

Une Suisse résumée en Cinémascope à bord du MOB.   

Aujourd’hui, j’ai envie d’un véritable dépaysement, mais la paresse ne m’incite pas à enfiler mes chaussures de marche. Dans cette perspective, le trajet du GoldenPass Panoramic (chemin de fer Montreux-Oberland Bernois — MOB) devient LA solution pour arpenter la Suisse alémanique sans avoir à fournir d’autre effort que la contemplation du panorama. Les paysages offerts par le rail au départ de l’étincelante Riviera vaudoise sont d’une rare diversité. Je salue au passage les vaches égayées dans les pâturages, les chalets traditionnels avec les Alpes en toile de fond. 

L’idée de relier par chemin de fer le lac Léman, Gstaad et les lacs de Thoune et de Brienz remonte à 1873. Mais les voies avaient été construites de manière différente sur ce trajet : métrique (1 mètre) et normale (1,435 mètre). Arrivé à Interlaken, j’applaudis la prouesse technique accomplie, il y a peu, permettant la conversion en quelques secondes seulement. Plutôt que de changer les rails, on a opté pour une modification des bogies. Me voilà déjà au terminus… c’était juste trop court ! 

Comment s'y rendre: goldenpassline

 

Textes : Bernard Pichon
 

 

1 Commentaire

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Génération juin 2022
Est ce Bernard Pichon a vraiment visité Interlaken.?
Dans la rubrique y aller :il propose de partir d Interlaken a Brienz :

Sur le Lac de Quatre Cantons ????